Rats et souris ne sont pas qu’une nuisance : ils peuvent transmettre à l’homme plusieurs maladies, directement (urines, déjections, morsures) ou indirectement (puces, tiques, aliments souillés). À Paris, où immeubles anciens, caves communes et locaux alimentaires favorisent leur présence, connaître ces risques permet d’agir vite et bien. Voici les principales maladies, leurs modes de transmission, les signes d’alerte et les gestes de prévention efficaces.
Pourquoi les rongeurs sont un risque sanitaire
Les rongeurs commensaux, le rat brun (surmulot), le rat noir et la souris grise, vivent au contact des activités humaines. En circulant entre les égouts, les caves, les vide-ordures et les cuisines, ils déposent des agents pathogènes sur les surfaces et les denrées. Le danger vient rarement d’une rencontre directe : il tient surtout à la contamination silencieuse de l’environnement.
Trois voies de contamination dominent :
- La contamination directe : contact avec l’urine, les crottes, la salive ou une morsure.
- La contamination indirecte par vecteurs : puces, tiques et acariens que les rongeurs transportent.
- La contamination alimentaire : aliments, plans de travail et ustensiles souillés par leur passage.
Les principales maladies transmises par les rats et les souris
La leptospirose
La leptospirose est la maladie la plus souvent citée en contexte urbain. La bactérie responsable est présente dans l’urine des rats et survit dans les milieux humides : eaux stagnantes, caves inondées, sols souillés. La contamination se fait par contact d’une peau lésée ou des muqueuses (yeux, bouche) avec de l’eau ou une surface contaminée. Les symptômes ressemblent d’abord à une grippe (fièvre, douleurs musculaires, maux de tête) et peuvent, dans les formes graves, toucher les reins et le foie. En cas de doute après une exposition, il faut consulter un médecin : un traitement antibiotique existe et il est d’autant plus efficace qu’il est précoce.
La salmonellose
Les rongeurs peuvent héberger des salmonelles et les disséminer via leurs déjections. Lorsqu’ils souillent des aliments ou des surfaces de cuisine, ils exposent l’homme à une infection digestive : diarrhées, douleurs abdominales, fièvre, vomissements. C’est un risque particulièrement sensible dans les locaux alimentaires, les restaurants et les cuisines collectives, où une simple contamination croisée peut concerner de nombreuses personnes.
Les hantavirus
Certains rongeurs peuvent être porteurs d’hantavirus, excrétés dans leurs urines, salive et déjections. La contamination humaine se fait surtout par inhalation de poussières contaminées, par exemple en balayant à sec une cave ou un local resté longtemps infesté. Selon les régions et les espèces concernées, ces infections restent rares mais peuvent être sérieuses. Ce risque justifie de ne jamais nettoyer à sec un espace fortement souillé : mieux vaut humidifier, ventiler et se protéger.
La transmission indirecte par puces et tiques
Les rongeurs servent de réservoir et de moyen de transport à des parasites piqueurs. Puces et tiques présentes sur un rat ou une souris peuvent ensuite piquer l’homme ou les animaux domestiques et transmettre à leur tour des agents pathogènes. Éliminer une infestation de rongeurs sans traiter les parasites associés laisse donc parfois un risque résiduel, d’où l’intérêt d’une approche globale.
Comment repérer une présence de rongeurs
Agir tôt limite fortement les risques sanitaires. Plusieurs signes doivent alerter :
- Des déjections : petites crottes sombres près des plinthes, dans les placards, sous les éviers ou dans les caves.
- Des traces de rongement : emballages, câbles, plinthes ou bois grignotés.
- Des bruits : grattements ou trottinements dans les cloisons, faux plafonds ou combles, surtout la nuit.
- Une odeur : forte odeur d’urine ou de moisi dans un local peu aéré.
- Des traces de passage : marques grasses le long des murs, empreintes dans la poussière, trous ou galeries.
À Paris, les points chauds classiques sont les caves communes, les locaux poubelles, les gaines techniques, les arrière-cuisines et les commerces de bouche. Un seul indice suffit à justifier une inspection sérieuse.
Prévention : les gestes qui réduisent le risque
Renforcer l’hygiène
- Nettoyer régulièrement les surfaces de cuisine et les zones de stockage.
- Sortir les déchets dans des poubelles fermées et ne pas laisser de sacs au sol.
- Ne pas laisser traîner de restes alimentaires, y compris les gamelles d’animaux la nuit.
Obturer les accès
Une souris se faufile dans un espace de quelques millimètres. Boucher les points d’entrée est la mesure la plus durable :
- Colmater les fissures, les passages de tuyaux et les jours sous les portes.
- Poser des grilles fines sur les aérations, les soupiraux et les évacuations.
- Vérifier l’état des portes de caves et de locaux techniques.
Bien stocker les aliments
- Conserver les denrées dans des contenants hermétiques en verre ou en métal.
- Surélever les stocks et éviter le contact direct avec le sol.
- Contrôler régulièrement les réserves et jeter tout produit souillé.
Nettoyer sans se contaminer
Face à des déjections ou un nid, quelques précautions s’imposent : porter des gants, humidifier avant de nettoyer plutôt que balayer à sec, aérer le local et désinfecter les surfaces. On évite ainsi de disperser des poussières potentiellement contaminées.
Quand faire appel à un professionnel
Les pièges de dépannage suffisent parfois pour une souris isolée. En revanche, certains signaux imposent l’intervention d’un professionnel :
- Présence répétée ou infestation qui s’étend malgré les pièges.
- Rongeurs dans un immeuble collectif, une cave commune ou des gaines partagées.
- Local alimentaire, restaurant ou commerce de bouche concerné.
- Souillures importantes nécessitant une désinfection.
Un professionnel identifie l’espèce, localise les accès, met en place un traitement adapté et sécurisé, puis conseille sur l’obturation durable pour éviter la récidive. Pour en savoir plus sur nos interventions ciblées, découvrez nos prestations de dératisation contre les rats et de désourisation contre les souris.
FAQ : maladies et rongeurs
Peut-on attraper une maladie sans jamais voir le rongeur ?
Oui. La contamination est souvent indirecte : contact avec des urines ou des déjections séchées, aliments souillés, ou piqûres de puces transportées par les rongeurs. C’est pourquoi la propreté des surfaces et l’obturation des accès comptent autant que l’élimination des animaux.
Que faire si je pense avoir été exposé ?
En cas de fièvre, de douleurs musculaires ou de symptômes digestifs après un contact avec des rongeurs ou un milieu souillé, consultez un médecin et signalez l’exposition. Seul un professionnel de santé peut poser un diagnostic et prescrire un traitement. Cet article ne remplace pas un avis médical.
Les souris sont-elles moins dangereuses que les rats ?
Elles sont plus petites, mais pas sans risque. Les souris souillent également les aliments et les surfaces avec leurs déjections et peuvent transporter des agents pathogènes. Une infestation de souris dans une cuisine ou un local de stockage doit être prise au sérieux.
Faut-il désinfecter après une infestation ?
Oui, dès que les souillures sont importantes ou qu’un local alimentaire est concerné. Après l’élimination des rongeurs, un nettoyage et une désinfection des surfaces réduisent le risque résiduel lié aux déjections et aux urines. Un professionnel peut prendre en charge cette étape.
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